Full steam progress (and… unemployment)

 

La locomobile était une sorte de petite locomotive à vapeur servant à divers travaux agricoles ou industriels. La machine, qui n'avait pas les faveurs des ouvriers agricoles, qu'elle mettait au chômage, était capable, par exemple, d'activer à elle seule une moissonneuse-batteuse.

Locomobile

 

Déjà en 1851, l'Exposition universelle de Londres avait donné au public l'opportunité de découvrir les nombreux modèles de locomobiles présentés par des fabricants britanniques, grands précurseurs de la mécanisation des travaux agricoles :

"La construction des machines à vapeur locomobiles destinées à transporter d'un lieu à un autre, selon les besoins accidentels ou périodiques, la force motrice et à la mettre à la disposition des travaux publics ou de l'agriculture, a, depuis quelques années, fixé l'attention des constructeurs anglais. Cette application importante de la vapeur a été trop négligée chez nous, quoiqu'il soit juste de dire que plusieurs constructeurs ont cherché depuis longtemps à l'introduire. L'exposition anglaise était riche en machines à vapeur locomobiles spécialement destinées aux travaux de l'agriculture. Toutes ces machines étaient montées sur des trains de voitures ordinaires, portant à la fois la chaudière et la machine, et qui devaient, à l'aide de chevaux, être transportées sur le lerrain où leur action était nécessaire."

(Exposition universelle de 1851, Travaux de la commission française sur l'industrie des nations, t. 3, 1857, pp 34/35)

 

LocomobileDetailAlexandre Bertrand ? Vue stéréoscopique (détail), Une locomobile (collection José Calvelo)

 

Quelques années plus tard, la France présenter quelques modèles de facture nationale :

Dans L'Album de l'Exposition universelle, t. 2, publié à Paris en 1857 :

"Les machines locomobiles, si fécondes en résultats heureux pour le débit des bois, pour le battage des grains, l'irrigation des terrains secs, l'épuisement des eaux dans les terrains marécageux et pour quantité d'autres usages, sont nées depuis quelque temps en Amérique et en Angleterre; mais ce n'est pas sans surprise que nos mécaniciens constructeurs les ont vues figurer au palais de cristal de Londres, car ils ne les connaissaient pas encore. Prompts à réparer le temps perdu, ils se sont mis à l'œuvre, et cinq années plus tard, à l'Exposition universelle de Paris, des locomobiles françaises rivalisaient avantageusement avec les locomobiles des Royaumes-Unis. Par rapport aux différentes machines à vapeur, les locomobiles n'offrent en principe aucun trait particulier, ni distinctif. Il s'agit toujours de réduire l'appareil au moindre volume possible, de le fixer à la chaudière et d'établir cette construction sur un train : ainsi, supposez une machine à vapeur horizontale établie sur une ou deux roues avec son générateur ; donnez-lui des brancards d'attelage, et vous aurez l'image exacte d'une locomobile."

 

L'auteur d'un rapport publié à Bruxelles en 1863 et consacré l'Exposition universelle qui s'était tenue à Londres l'année précédente révèle à quel point la locomobile était déjà répandue en Angleterre sous le jeune règne de Victoria :

"L'Exposition était très-riche et très-nombreuse au point de vue des machines locomobiles, et il ne pouvait en être autrement, depuis l'application de plus en plus étendue de ces machines à l'industrie, à l'agriculture surtout et aux grands travaux de construction. En Angleterre, les locomobiles sont employées même pour les transports des marchandises sur des routes ordinaires, quoique exceptionnellement encore, et il existait à l'Exposition plusieurs spécimens de locomobiles consacrées à cet usage. Pendant la durée de l'Exposition, les membres du jury ont pu constater, dans les rues de la ville de Londres même, que l'on employait des locomobiles à la traction de pièces mécaniques d'un poids considérable. Quoi qu'il en soit, c'est encore par exception et beaucoup plus à titre d'essai que les locomobiles sont employées aux transports, et jusqu'à présent on ne peut dire que les résultats aient été favorables. Il y a vingt-cinq ans maintenant que des essais semblables ont été tentés à Bruxelles, et ils ont été continués depuis, sans que l'on soit parvenu à détruire les obstacles qui s'opposent à leur réussite, obstacles qui résultent principalement du poids des machines, des difficultés du profil des routes à parcourir et du peu d'égalité et de résistance du sol.

Quant à l'application des locomobiles à l'agriculture et aux travaux de construction, on ne peut assez la recommander sous tous les rapports. Deux exposants belges, tous deux récompensés par la médaille, MM. Houget et Teston et MM. Cail, Halot et Cie ont soumis à l'appréciation du jury deux locomobiles extrêmement remarquables au triple point de vue de l'exécution, de l'économie de construction et de l'économie de combustion. Les membres du jury de la VIIIe classe ont constaté unanimement que ces locomobiles ne laissaient rien à désirer. Celle de MM. Houget et Ch. Teston, de Verviers, de six chevaux seulement, mais pouvant fonctionner à la pression de six atmosphères effectives et donner alors une puissance de neuf à dix chevaux, présentait une chaudière tubulaire amovible, c'est-à-dire disposée de façon à ce que l'on puisse retirer extérieurement tout le système du foyer et des tubes. Nous avons déjà vu que cette disposition avait été mise en usage avec grand succès par MM. Farcot et fils. La locomobile exposée par MM. Cail, Halot et G' est d'un système aussi simple qu'économique : elle est construite d'après un type qui a été soumis au Conservatoire des arts et métiers, à Paris, à des expériences qui ont démontré que la consommation des machines de ce type n'était que de deux et demi à trois kilogrammes par force de cheval et par heure. L'exposition de MM. Houget et Teston, ainsi que celle de MM. Cail, Halot et Cie, démontrent que nos industriels et nos constructeurs trouveront en Belgique même les locomobiles qui leur seront nécessaires et que nos fabricants sont en mesure de fournir, dans les meilleures conditions d'exécution et de prix, les locomobiles qui leur seront demandées. Mais la perfection des produits de leurs concurrents anglais, français et allemands ne doit pas moins leur être signalée ; ils y trouveront un motif de maintenir leur fabrication au même point pour ne pas être dépassés par leurs rivaux.

L'usage des locomobiles commence seulement à se répandre et, dans un avenir peu éloigné, leur application étendue créera un nouveau débouché pour notre industrie. Dans tous les pays de grande culture les locomobiles sont appelées à rendre de grands services ; c'est ce qui a été parfaitement compris en Angleterre et ce que l'on commence à comprendre en Hongrie et en Pologne."

 

L'auteur de la vue stéréoscopique présentée ici est peut-être Alexandre Bertrand, un photographe de talent qui, hélas ! ne signait pas ses tirages et qui, vers 1858, a consacré un "reportage" aux ateliers ferroviaires parisiens (PLM). Le modèle de  machine visible ci-dessus n'était d'ailleurs sans doute pas destiné à un usage agricole ; les roues de cette locomobile semblent en effet conçues pour une circulation sur rails.

 

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La photographie en relief primitive

William Morris Grundy, Hunters/Chasseurs, negative G997, stereoview, ca 1857 (Collection José Calvelo) William Grundy, Rural and Pastoral Scenes in England, stereoview (Collection J. Calvelo) William Grundy ?, Unknown Church (negative 386), stereoview (Collection J.

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